Audit RGAA : méthode, prix et ce que l’IA change vraiment en 2026

Audit RGAA : les 106 critères, la méthode officielle, les prix constatés, les obligations 2025-2026 et ce que les outils d’IA savent (ou non) vérifier.

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Sébastien Joumel21 septembre 2026⏱ 8 min de lecture
Guide 2026 de l'audit RGAA : méthode, 106 critères et prix

L’été 2025 a changé la donne : avec la directive européenne sur l’accessibilité, entrée en vigueur le 28 juin, banques, e-commerçants, transporteurs ou éditeurs de services en ligne se retrouvent concernés. Et la question qui revient chez tous est la même : comment savoir où en est mon site, et combien coûte un audit RGAA ?

Sur un site consacré aux outils d’intelligence artificielle, une autre question suit immédiatement : l’IA peut-elle faire l’audit à ma place ? La réponse courte est non, mais elle peut faire gagner beaucoup de temps. Voici ce qu’il faut savoir avant de lancer la démarche.

Qu’est-ce qu’un audit RGAA ?

Derrière l’acronyme RGAA se cache le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité, c’est-à-dire le cadre officiel utilisé en France pour contrôler qu’un site est utilisable par tous, y compris les personnes qui naviguent au clavier, avec un lecteur d’écran ou un fort zoom. Sa version 4.1.2 compte 106 critères répartis en 13 thématiques : images, couleurs, multimédia, tableaux, liens, formulaires, navigation, structure, consultation…

Un audit RGAA consiste à tester chacun de ces critères sur un échantillon de pages représentatif, en classant chaque critère comme validé, en échec ou sans objet pour le site. On en tire un taux de conformité, une liste d’actions à mener et le texte de la déclaration que le site devra afficher.

Qui doit faire auditer son site, et que risque-t-on ?

Trois textes encadrent l’obligation : l’article 47 de la loi du 11 février 2005, le décret n° 2019-768, et la directive européenne 2019/882, dite European Accessibility Act, en vigueur depuis l’été 2025. Les organisations concernées se répartissent en trois cercles :

  • Le secteur public, sans seuil : ministères, communes et départements, hôpitaux, universités, mais aussi les entreprises privées qui exploitent un service public par délégation.
  • Les grandes entreprises dont le chiffre d’affaires moyen en France dépasse 250 millions d’euros.
  • Les entreprises concernées par la directive européenne : le critère n’est plus la taille, mais le type d’offre proposée au grand public (boutiques en ligne, banque au quotidien, billetterie de transport, opérateurs télécoms, livres numériques…).

C’est l’Arcom qui contrôle. Un site non accessible expose son éditeur à une amende pouvant monter à 50 000 €, et un manquement aux obligations de publication (déclaration absente, par exemple) à 25 000 €. Tant que rien ne change, l’amende peut être prononcée de nouveau chaque année.

Les 6 étapes d’un audit RGAA sérieux

  1. Choix des pages à tester. Certaines sont imposées par la méthode (page d’accueil, formulaire de contact, connexion…), d’autres représentent chaque modèle de page du site ; les parcours comme la commande sont examinés du début à la fin, et quelques pages sont prises au hasard.
  2. Vérification humaine de chaque critère. L’essentiel du temps passé est là : un expert examine les pages une à une.
  3. Tests assistés par outils, systématiquement revérifiés par un humain.
  4. Mise en situation réelle : parcours du site avec un lecteur d’écran (NVDA, VoiceOver), sans souris, avec un agrandissement important de l’affichage.
  5. Livrables : le taux obtenu, le détail des anomalies et une feuille de route qui classe les corrections selon leur impact et leur coût.
  6. Restitution aux équipes (développeurs, contributeurs, chef de projet), pour que la conformité ne se perde pas à la prochaine mise en ligne.

Une règle de calcul explique bien des déceptions : il suffit qu’une seule page testée échoue sur un critère pour que ce critère soit compté en échec pour l’ensemble du site. Les scores affichés par les extensions de navigateur, calculés page par page, sont donc souvent bien plus optimistes que le résultat d’un audit officiel. Le détail de chaque étape est expliqué sur la page consacrée à la méthode d’audit RGAA d’agence-rgaa.fr.

Ce que l’IA et les outils automatiques savent vérifier (et ce qu’ils ne savent pas)

Les outils de test automatique sont nombreux et souvent gratuits : axe DevTools, WAVE, Lighthouse dans Chrome, ou les outils français Asqatasun et Tanaguru. Les assistants IA comme ChatGPT ou Claude peuvent aussi relire un extrait de code HTML et pointer des problèmes. Ils sont précieux pour repérer vite :

  • une image sans attribut alt ;
  • un contraste de couleurs insuffisant ;
  • un champ de formulaire sans étiquette ;
  • une page sans langue déclarée ou sans titre ;
  • des titres qui sautent un niveau (un h2 suivi d’un h4).

Leur verdict reste pourtant superficiel. Une image peut avoir un texte alternatif qui ne dit rien d’utile (« image1.jpg »), un lien intitulé « Lire la suite » peut être incompréhensible hors contexte, et un parcours peut devenir un casse-tête au clavier si le focus saute d’un bout à l’autre de la page. Seul un humain le voit. La majorité des 106 critères demande un jugement humain.

Le bon usage de l’IA : un premier tri rapide pour mesurer l’ampleur du chantier, puis une aide à la correction (proposer un texte alternatif, réécrire un intitulé de lien, générer un composant accessible). Pas un substitut à l’audit : un rapport sorti d’un outil automatique ne suffit pas à justifier le taux affiché dans votre déclaration si l’Arcom vous interroge.

Combien coûte un audit RGAA ?

Le prix dépend du temps passé par l’auditeur, lui-même fonction de la complexité du site plus que de son nombre total de pages. À titre d’ordre de grandeur, voici la grille publiée par agence-rgaa.fr (prix hors taxes, à confirmer au cadrage) :

Type de sitePages testéesDuréePrix HT
Site vitrine8 à 12 pages3 à 5 jours1 950 à 3 250 €
Site institutionnel avec espace connecté15 à 20 pages6 à 10 jours3 900 à 6 500 €
E-commerce avec tunnel complet20 à 30 pages10 à 15 jours6 500 à 9 750 €
Application métier sur mesureVariable15 jours et plusSur devis

Plusieurs éléments font grimper la note : un espace connecté, un tunnel à plusieurs étapes, des documents PDF téléchargeables, des composants tiers (chat, prise de rendez-vous, paiement). Après corrections, un contre-audit (généralement 40 à 60 % du prix initial) confirme que les corrections ont porté leurs fruits et actualise le taux publié.

Comment choisir son prestataire

Avant de signer un devis, posez ces quatre questions :

  • L’échantillon est-il constitué selon la méthode officielle et validé par écrit avant l’audit ?
  • Les 106 critères sont-ils testés manuellement, avec les technologies d’assistance ?
  • Que contient le rendu final : le détail critère par critère, le taux, une liste de corrections classées et un projet de déclaration prêt à mettre en ligne ?
  • Une restitution aux équipes est-elle prévue ?

Pour un accompagnement de bout en bout, une agence RGAA comme Newp couvre l’audit, la mise en conformité, la déclaration et la formation des équipes. Son audit RGAA s’intègre aussi à des missions web plus larges : accessibilité, SEO et visibilité dans les moteurs IA avancent alors ensemble, ce qui est logique puisqu’un site bien structuré est aussi mieux compris par Google et par ChatGPT. Pour aller plus loin sur le sujet, agence-rgaa.fr détaille les obligations, les secteurs concernés et les tarifs.

FAQ

Combien de temps dure un audit RGAA ?

De 3 à 5 jours de travail pour un site vitrine, jusqu’à 15 jours et plus pour une application métier. Il faut ajouter le délai de démarrage du prestataire, souvent de l’ordre de trois semaines.

Un outil gratuit suffit-il pour déclarer mon site conforme ?

Non. Les outils automatiques et l’IA couvrent une minorité de critères et ne produisent pas de taux conforme à la méthode officielle. Ils sont utiles pour un premier diagnostic, pas pour la déclaration.

Quelle différence entre RGAA et WCAG ?

Les WCAG sont les règles internationales du W3C. Le RGAA en est la déclinaison française, avec une méthode de test précise et des obligations de publication (déclaration d’accessibilité, schéma pluriannuel).

Que se passe-t-il si mon site n’est pas conforme ?

Vous vous exposez aux amendes de l’Arcom, qui peuvent être répétées d’une année sur l’autre. Le défaut le plus visible est l’absence de mention « Accessibilité » en pied de page : il se repère en quelques secondes. Faire auditer son site, publier la déclaration et engager un plan de correction est donc la première chose à faire.

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Sébastien Joumel
Rédacteur IA — Comparateur-IA
Rédacteur spécialisé en intelligence artificielle. Il teste et analyse les derniers outils et tendances IA pour Comparateur-IA.
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